Avec les épisodes de fortes chaleurs qui se multiplient, FO vous informe sur vos droits et les obligations de l’employeur. Les nouveaux textes réglementaires (décrets 2025-337 et 2025-482) renforcent la protection des salariés exposés à la chaleur, que ce soit en intérieur ou en extérieur.
1. Obligations de l’employeur : ce qui a changé en 2025
Dès que Météo-France passe en vigilance jaune, orange ou rouge (niveau « chaleur intense »), l’employeur doit agir :
• Évaluation des risques intégrée au Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) : recensement des postes exposés, identification des salariés vulnérables (femmes enceintes, maladies cardio-vasculaires, etc.).
• Eau fraîche : disponible en continu et à proximité des postes. À défaut, minimum 3 litres par salarié et par jour.
• Température adaptée dans les locaux fermés, toute l’année.
• Aménagements concrets : adaptation des horaires, pauses supplémentaires toutes les 2 heures à l’ombre, réduction du travail physique intense, ventilation renforcée, protection solaire, EPI adaptés (casquette, lunettes, vêtements respirants, gilets rafraîchissants…).
• Information et formation : affichage des signes de malaise et gestes de premiers secours.
• Surveillance renforcée des travailleurs isolés (pointage régulier).
Ces mesures doivent être adaptées aux situations et aux profils vulnérables.
2. Travail à la chaleur : peut-on exercer le droit de retrait ?
Oui, un salarié peut quitter son poste lorsqu’il a un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour sa santé ou sa vie.
Le droit de retrait est individuel ou collectif. Il est légitime notamment lorsque :
• L’employeur n’a pris aucune mesure adaptée (absence d’eau, locaux surchauffés sans ventilation, absence d’aménagement des horaires…).
• Les mesures mises en place sont manifestement insuffisantes face à la chaleur.
• Le salarié présente des signes avant-coureurs (transpiration excessive, crampes, maux de tête, nausées, vertiges, fatigue inhabituelle).
Conditions d’exercice :
• Alerter l’employeur (préalablement ou simultanément).
• Ne pas créer de nouveau danger pour les autres.
• L’employeur ne peut ni retenir de salaire ni sanctionner un retrait légitime.
Attention : nous vous recommandons vivement de prendre contact avec vos représentants FO avant tout exercice du droit de retrait.
3. Procédure en cas de danger persistant : le droit d’alerte
Si le danger continue malgré le signalement :
1. Les représentants du personnel (CSE, CSSCT…) rédigent un procès-verbal d’alerte.
2. Transmission à l’employeur pour mise en conformité immédiate.
3. En l’absence de réaction dans les délais, saisine de l’Inspection du travail (qui peut mettre en demeure avec un délai minimal de 8 jours).
Signes de malaise et actions immédiates
• Arrêt immédiat de l’activité et mise à l’ombre / local frais.
• Allongé, jambes légèrement surélevées.
• Hydratation progressive (eau fraîche ou boisson isotonique).
• Alerter le référent secouriste ou les secours (FLS, SPST, service d’urgence,..)
• Ne jamais rester isolé.
Points clés à retenir
• L’employeur a l’obligation légale d’anticiper et de protéger.
• Le droit de retrait n’est pas conditionné à une température précise : c’est la réalité du danger et l’insuffisance des mesures qui comptent.
FO à vos côtés !
N’hésitez pas à contacter vos représentants FO pour toute question, signalement ou accompagnement.
Nous veillons à ce que les obligations réglementaires soient réellement appliquées sur le terrain.
Restez vigilants, protégez votre santé !
"La chaleur n’est pas une fatalité : c’est un risque professionnel que l’employeur doit prévenir."



